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Prévention du VIH et prophylaxie pré-exposition


Pourquoi et comment AIDES participera au nouvel essai ANRS « PrEP »
Sida, Prévention, Aides



Note de presse 18 janvier 2011

Prévention du VIH et prophylaxie pré-exposition :

Pourquoi et comment AIDES participera au nouvel essai ANRS « PrEP »

 

Le principe d'une prophylaxie pré-exposition (PrEP) est simple : il s'agit de proposer, de façon préventive, un traitement antirétroviral à une personne séronégative fréquemment exposée au risque VIH, afin de réduire son risque de contamination. Les résultats des études, notamment I-PREX montrent une efficacité protectrice encore limitée de ces traitements préventifs, et invitent à affiner les recherches afin de mettre au point des stratégies plus efficaces.

 

C'est dans cette perspective qu'une équipe de chercheurs français et canadiens propose aujourd'hui d'évaluer les effets d'une nouvelle offre préventive, incluant cette fois une PrEP « à la demande ». En 2011 sera donc mise en place, sous l'égide de l'Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites (ANRS), une vaste étude à destination d'homosexuels masculins séronégatifs ayant des rapports sexuels non protégés. 

 

Une dynamique inédite autour d'un essai d'intervention

Jusqu'à présent, une offre globale et coordonnée de prévention du VIH à destination des gays, telle que celle proposée dans cette recherche, n'existe pas en France. Son efficacité sur la réduction du nombre d'infections n'a donc jamais pu être évaluée. Au-delà des études menées à travers le monde sur l'effet préventif des traitements antirétroviraux, l'essai « PrEP » de l'ANRS se distingue notamment par un double objectif :

-          Il s'agit d'évaluer l'impact d'une offre globale et combinée de prévention pour des homosexuels masculins ayant des comportements à risque

-          Et en particulier de mesurer les effets d'une prophylaxie « intermittente », avec une prise d'antirétroviraux « à la demande », c'est-à-dire avant et après un rapport sexuel.

 

Chaque participant se verra proposer un accompagnement individuel, comprenant une offre de dépistage du VIH et des infections sexuellement transmissibles (IST), une proposition de traitement en cas d'IST, une vaccination contre le VHB et l'accès gratuit aux outils de prévention (gels et préservatifs). Tout au long de l'essai, en plus des entretiens classiques de prévention avec les médecins, les participants qui le souhaitent pourront bénéficier d'entretiens approfondis et répétés (« counselling ») qui seront menés par des militants associatifs formés. Ceci afin de renforcer leurs capacités en termes de réduction des risques sexuels. Enfin, la moitié d'entre eux recevra l'association médicamenteuse Truvada, tandis que l'autre moitié recevra un placebo.

 

Comment se déroule cet essai, et à qui s'adresse-t-il ?[1]

 

Les premières inclusions de participants sont prévues pour septembre 2011 : une phase pilote d'un an vise un premier objectif de 500 participants, répartis entre Paris, Lyon et Montréal. L'essai s'adresse exclusivement aux homosexuels masculins ayant des rapports sexuels anaux fréquents avec des hommes séropositifs ou de statut inconnu, et sans utilisation systématique du préservatif.

 

Pourquoi AIDES fait-elle le choix de participer à cet essai ?

 

D'abord parce qu'une telle offre de prévention combinée répond à un vrai besoin. Sur le terrain, les militants de AIDES constatent quotidiennement les difficultés éprouvées par une partie des homosexuels masculins à l'égard de l'offre existante de prévention. Il nous faut donc mettre au point de nouvelles approches et diversifier la palette des outils de prévention. L'enquête d'acceptabilité, réalisée en 2009 par AIDES et l'INSERM Marseille[2], a d'ailleurs montré que 40% des gays interrogés comprennent l'intérêt de l'essai et seraient prêts à y participer. L'acceptabilité est particulièrement forte parmi ceux ayant un nombre élevé de partenaires et une utilisation irrégulière du préservatif. En faisant écho à un réel besoin, et en associant les communautés concernées à toutes les étapes du protocole de recherche, la démarche de cet essai est en totale cohérence avec l'approche communautaire, fondement même de nos actions.

 

Bien sûr, nous ne savons pas si l'ajout d'un traitement antirétroviral en prophylaxie apportera un plus. Mais au-delà de la question biomédicale, l'essai PrEP est pour nous une occasion unique d'explorer auprès des communautés concernées l'efficacité et l'acceptabilité sur le long cours de cette nouvelle approche combinée de prévention. L'évaluation scientifique d'une offre globale associant counselling, dépistages, traitement des IST et outils de prévention (préservatifs, gel et traitement antirétroviral préventif) nous permettra potentiellement d'optimiser nos dispositifs de prévention en direction des HSH (hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes).

 

Quelle est la place de AIDES dans cet essai ?

 

AIDES interviendra à toutes les étapes de ce protocole de recherche : pendant sa mise en place, pendant son déroulement et pendant son évaluation.

 

Ø Communiquer, recruter, accompagner.

 

En tant qu'opérateur et co-chercheur de cet essai, l'association aura d'abord pour mission, avec d'autres acteurs, de communiquer sur les enjeux et l'intérêt de cette recherche. Il s'agira de fournir, notamment à la communauté LGBT,  une information éclairée quant aux bénéfices/risques pour les participants.  AIDES a participé activement à la consultation communautaire organisée par le collectif inter-associatif TRT-5 sur ce projet d'étude. Pour faire suite au rapport de cette consultation[3] AIDES participera d'ailleurs avec le TRT-5 à la mise en place d'un conseil communautaire, chargé d'une mission de vigilance active tout au long du déroulement de l'essai, et réunissant les différents représentants du milieu LGBT et de la lutte contre le sida.

 

A travers ses actions de dépistage et de réduction des risques partout en France, l'association a tissé des liens de confiance étroits avec la population HSH. Il nous a donc semblé cohérent de participer activement au processus d'inclusion des volontaires. Nous invitons d'ailleurs toutes les personnes concernées à faire part de leur intérêt, de leurs craintes ou de leurs questionnements à l'ANRS en écrivant à l'adresse suivante : [email protected], ou à AIDES en s'adressant à la délégation la plus proche de chez eux.

 

Enfin, en raison de son expertise dans ce domaine, AIDES prendra également en charge la mise en ouvre et l'évaluation de tout le volet lié à l'accompagnement des participants : suivi et soutien au long cours, entretiens motivationnels et renforcement des stratégies de réduction des risques auprès des participants. Encore une fois, il s'agit d'une opportunité unique pour évaluer de façon scientifique l'impact de nos interventions auprès des communautés concernées, et progresser ainsi vers une réponse la plus adaptée possible aux besoins des HSH pour lutter efficacement contre le VIH.

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[1] Plus d'information sur le design de l'essai : voir la fiche projet de l'ANRS sur http://www.trt-5.org/article330.html

2 Cf annexe « Acceptabilité d'un essai de prophylaxie pré-exposition parmi les hommes gays français », version française de l'abstract (MOPE0370) présenté à AIDS 2010, Conférence Mondiale sur le sida, Vienne, du 18 au 23 juillet 2010.

3 Le rapport de la consultation communautaire du TRT-5 est en ligne : http://www.trt-5.org/article328.html

 

Annexe

 

Acceptabilité d'un essai de prophylaxie pré-exposition parmi les hommes gays français

 

Version française de l'abstract (MOPE0370) présenté à AIDS 2010, Conférence Mondiale sur le sida, Vienne du 18 au 23 juillet.

 

Auteurs : Nicolas Lorente, Lionel Fugon, Patrizia Carrieri, Christian Andreo, Jean-Marie Legall, Emmanuel Cook, Jean-Pierre Aboulker, Catherine Capitant, Jean-Michel Molina, Bruno Spire.

Contexte : La prophylaxie pré-exposition est une stratégie de contrôle de la transmission du VIH au sein de groupes vulnérables à ce virus. La possibilité d'un essai randomisé avec un bras placebo de PrEP est actuellement en discussion en France pour évaluer l'efficacité de proposer un traitement antirétroviral avant et immédiatement après une possible exposition sexuelle au V.I.H. parmi les hommes gays. Pour évaluer leur acceptabilité à participer à cet essai, une étude a été menée auprès de ces derniers en lien avec AIDES, principale association française de lutte contre le Sida.

Méthode : Entre juin et août 2009, un questionnaire auto-administré a été diffusé à tous les hommes gays participant à des actions de prévention de proximité. Cela a permis de rassembler des informations concernant le comportement sexuel, les difficultés d'utilisation du préservatif, l'acceptabilité d'une participation à un tel essai, la perception des freins et leviers à cela et enfin des données socio-démographiques sur les répondants. La technique statistique de régression logistique a été utilisée pour identifier les facteurs associés à une bonne acceptabilité d'une participation à cet essai.

Résultats : Parmi les 527 individus interrogés, 443 ont déclaré être séronégatifs et ont ensuite rempli le questionnaire. L'âge médian et le nombre d'années d'éducation étaient respectivement de 37 et 14 ans. Le nombre de partenaires sexuels médians [Rangement Inter Quartile] durant les 12 derniers mois était de 10 [2 - 20] ; 25% des participants ont déclaré avoir une utilisation irrégulière du préservatif durant les 12 derniers mois avec leurs partenaires occasionnels ; 40% présentaient un niveau élevé d'acceptabilité d'une participation à l'essai. Les facteurs indépendamment associés à un niveau de participation élevé étaient les suivants : moins de 14 années d'éducation (AOR=1.60[1.05-2.44]), un nombre élevé de partenaires sexuels (AOR=1.01[1-1.02]/partenaire supplémentaire), une utilisation irrégulière du préservatif avec des partenaires occasionnels pour un rapport anal (AOR=1.66[1.03-2.66]) et enfin l'existence d'un site au sein de l'hôpital spécialement dédié au suivi lié à l'étude PreP (AOR=2.91[1.32-6.39]).

Conclusion : l'acceptabilité d'une participation à un essai PrEP est élevée parmi les hommes gays, particulièrement parmi ceux ayant des comportements à risque. Garantir la confidentialité durant le suivi semble être une motivation importante et renforcer le counselling pour promouvoir des stratégies préventives devrait être proposé à tous les participants de l'essai.

 

 



18/01/2011 Communiques Associations Prevention C.P. AIDES

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