Des tests rapides non médicalisés pour le dépistage du VIH
Encore un effort ! ()
Communiqué de presse
09 Juin
2010
Des
tests rapides non médicalisés pour le dépistage du VIH :
encore un
effort !
Aujourd'hui mercredi 9 juin 2010
paraît enfin au journal officiel un arrêté autorisant la réalisation du test
rapide d'orientation diagnostique du VIH dans les situations d'urgence. Ce texte
est une première étape dans l'évolution du dispositif réglementaire du dépistage
du VIH en France, tel que recommandé en 2006 par le Conseil National du Sida
(CNS), et réaffirmé par
Pourquoi cette
inquiétude ?
AIDES est engagée depuis Novembre 2008 dans un protocole de recherche aux côtés
de l'ANRS, afin d'expérimenter une nouvelle forme de dépistage rapide du VIH, à
destination de la communauté gay, et réalisé directement par des acteurs
associatifs formés à cet effet. Cette étude, baptisée ANRS-COMTEST, n'est en
rien concurrente du dépistage médicalisé, mais se veut complémentaire, vouée à
garantir une plus grande diversification de l'offre de dépistage. Extrêmement
positifs, les premiers résultats de cette étude constituent une étape sans
précédent vers la légalisation d'une telle procédure, offrant ainsi un nouvel
accès au dépistage pour toutes les populations les plus vulnérables au
VIH.
Cette recherche a en
effet déjà permis de réaliser plus de 600 entretiens de prévention associés à un
dépistage du VIH. Le nombre de tests positifs est près de dix fois supérieur à
celui constaté dans les dispositifs de dépistage classique pour la même
population. Tous ces tests ont été confirmés en laboratoire et les personnes ont
été accompagnées vers une première prise en charge médicale. Enfin, le taux
global de satisfaction des personnes dépistées y est supérieur de 90% et aucun
effet néfaste n'est à signaler.
A compter du
1er juillet 2010, il était donc prévu que cette activité puisse se
poursuivre hors recherche biomédicale dans un cadre réglementaire conforme aux
recommandations de
Ce retard remet gravement
en question la poursuite des actions de dépistage communautaire à tests rapides
auprès d'hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), mises en
place par AIDES. En effet, ces actions sont encore préservées pour quelques
semaines par le cadre de la recherche biomédicale, mais elles risquent de tomber
dans l'illégalité dès le 30 juin 2010, en l'absence d'un dispositif
réglementaire légalisant cette procédure.
Or l'enjeu sanitaire et
humain est considérable : selon l'enquête PREVAGAY-InVS, 17,7 % des
personnes qui fréquentent les lieux de convivialité gay à Paris sont
séropositifs, parmi lesquels 1 personne sur 5 ignore être porteuse du
virus.
AIDES demande donc au Ministère de la
Santé de trouver une solution permettant de ne pas perdre le bénéfice de
dix-huit mois d'engagement des militants de AIDES et du travail de mobilisation
qui a été déterminant auprès de la communauté gay. Nous attendons l'élaboration
rapide d'un cadre juridique permettant de préserver ce nouvel accès au
dépistage, déjà légalisé chez nos voisins espagnols, et dont le bénéfice en
terme de santé publique est aujourd'hui sans équivoque.
Association AIDES
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