Pénalisation de l'homosexualité au Rwanda et en Ouganda :
Les droits de l'homme bafoués, l'épidémie de VIH/Sida renforcée... ()
Communiqué de Presse 22 décembre 2009
Pénalisation de l'homosexualité au Rwanda et en Ouganda : Les droits de l'homme bafoués, l'épidémie de VIH/Sida renforcée
*En Ouganda, le 13 octobre dernier, une proposition de loi a été déposée au Parlement prévoyant des peines d'emprisonnement à vie pour les homosexuels et la peine de mort pour les homosexuels séropositifs, accusés alors d'homosexualité aggravée.*
Sous la pression internationale, il est possible que les deux peines les plus importantes initialement prévues, la peine de mort et la prison à vie, soient retirées. Même ainsi amendée, la proposition de loi, si elle était adoptée, ne ferait que renforcer un climat de haine et de répression envers les homosexuels et les séropositifs.
Parallèlement, au Rwanda, au mois de novembre, un projet de révision du code pénal a été déposé au Parlement. L'article 217 du projet de loi introduirait de nouvelles dispositions criminalisant des actes sexuels entre adultes consentants de même sexe ainsi que l'action des défenseurs des droits humains des LGBT alors que l'homosexualité n'a jamais été un crime au Rwanda. La chambre basse du Parlement rwandais devrait tenir son débat final sur ce projet avant la fin de l'année.
Plus précisément, l'article 217 stipule que « Toute personne qui pratique, encourage ou sensibilise des personnes du même sexe, à la relation sexuelle ou toute autre pratique sexuelle, est passible d'une peine d'emprisonnement allant de cinq à dix ans et une amende allant de deux cent mille Rwanda francs à un million de francs Rwanda »
Outre le fait que ces projets de loi sont contraires au respect des droits humains les plus fondamentaux, il faut également rappeler que la pénalisation des relations sexuelles entre hommes adultes consentant, a de graves conséquences en termes de santé publique.
Les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes en Afrique sont beaucoup plus exposés au VIH que la population adulte en général (entre
5 à 20 fois plus selon les pays). De plus il est démontré que discriminer et stigmatiser les homosexuels augmente considérablement les risques de transmission du VIH.
L'homophobie, l'hostilité de la société civile et les violations des droits de l'Homme sont autant de freins à l'accès aux programmes de prévention et alimentent la diffusion du VIH. Plus les personnes se sentent menacées, moins elles ont recours aux services de prévention et de soins.
*AIDES appelle le gouvernement français, et plus globalement les instances internationales concernées par la lutte contre le sida et le respect des droits de l'homme, à demander aux gouvernements et aux parlements ougandais et rwandais de renoncer à voter ces projets de loi inacceptables vis-à-vis des droits de l'Homme et contre-productifs en matière de la lutte contre le VIH*.
*Simon Letellier*
Chargé de Missions Relations Presse
AIDES
Tour Essor - 14 rue Scandicci
93508 Pantin Cedex
Association AIDES
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