Lettre ouverte à George Bush sur l'interdiction d'entrée des séropositifs aux Etats-Unis :
Jean-Luc Romero, président d'Elus Locaux Contre le Sida et premier élu au monde à avoir révélé sa séropositivité, appelle le président Bush à s'engager contre les discriminations frappant les personnes séropositives dans son pays. ()
Paris, le 27 novembre 2006
Communiqué de presse
A quelques jours de la journée mondiale de lutte contre le sida,
Lettre ouverte à George Bush
sur l'interdiction d'entrée des séropositifs aux Etats-Unis :
« Monsieur le Président, ne nous faîtes pas regretter d'avoir offert à votre pays
la liberté éclairant le monde ! »
Dans une lettre adressée aujourd'hui à George W. Bush, président des Etats-Unis, Jean-Luc Romero , président d'Elus Locaux Contre le Sida et premier élu au monde à avoir révélé sa séropositivité, appelle le président à s'engager contre les discriminations frappant les personnes séropositives dans son pays.
Si la moitié des Etats membres de l'ONU ont des interdictions pour des séjours au-delà de 3 mois, les Etats-Unis font eux partie des 11 pays au monde à interdire l'accès à leur territoire aux personnes touchées par le VIH/Sida.
Cette situation est insupportable : comment accepter que plus de 40 millions de personnes soient privées de leur droit élémentaire de libre circulation du seul fait de leur état de santé? Comment tolérer que le siège de l'ONU, situé à New-York, soit inaccessible aux fonctionnaires internationaux séropositifs et que les militants de la lutte contre le sida ne puissent légalement s'y rendre alors que l'ONU a pour mission de promouvoir le respect des droits de l'homme au niveau mondial?
Dans la lettre adressée ce jour au président des Etats-Unis, Jean-Luc Romero demande instamment à George W. Bush de lever « toutes les restrictions de circulation qui frappent injustement les personnes séropositives » qui « traitent les malades comme des délinquants ». Il qualifie cette politique d' « humiliante, inefficace et dangereuse » et appelle le président des Etats-Unis à lutter « contre la maladie et non contre les malades».
Dans ce combat contre ces mesures discriminatoires, Jean-Luc Romero a reçu le soutien des plus hautes autorités de l'Etat (Jacques Chirac, Jean-Louis Debré, Jean-Paul Huchon.) qui ont enfin pris position sur cette question lors des 11èmes Etats Généraux d'Elus Locaux Contre le Sida qui se sont déroulés le samedi 25 novembre au Sénat.
Xavier Bertrand, ministre de la santé et des solidarités, a également pris position sur ce problème et annoncé des mesures concrètes. Le 30 novembre prochain, lors du conseil européen des ministres de la santé, il compte demander une prise de position commune sur la question des restrictions à la liberté de circulation des séropositifs. Rappelons que certains pays en Europe, notamment la Belgique, ont mis en place de telles mesures discriminatoires à l'encontre des ressortissants hors Union européenne. En outre avec le Premier ministre et le ministre des affaires étrangères, il va saisir les responsables de l'ONU et l'ONUSIDA afin que les réunions sur la thématique du sida aient lieu au siège de l'ONUSIDA à Genève et non plus à New-York.
A la veille des échéances électorales de 2007, Jean-Luc Romero attend des candidats à la présidentielle - sollicités en vain depuis plusieurs semaines - un soutien et engagement fort dans ce combat pour l'égalité et la dignité.
Ci-dessous. : lettre adressée à George W. Bush (version en français et en anglais)
Le
Président,
N/Réf. : ELCS/JLR/PhL/2006-
V/Réf. :
Objet :
PJ. :
Paris, le 00 novembre 2006
Monsieur le
Président,
Les Etats-Unis d'Amérique imposent depuis les années quatre-vingt une
restriction d'entrée de son territoire aux personnes séropositives au
VIH/SIDA.
Permettez-moi d'affirmer, monsieur le Président, que cette politique est
humiliante, inefficace et dangereuse.
Elle est humiliante, car elle stigmatise les personnes séropositives
américaines qui ne se sentent tolérées aux Etats-Unis que parce qu'elles sont
nées américaines et prive de la liberté fondamentale d'aller et venir 40
millions d'enfants, de femmes et d'hommes à travers le monde qui ne sont pas des
délinquants.
Elle est inefficace car les personnes séropositives qui souhaitent
séjourner aux Etats-Unis ou y transiter mentent lorsqu'elles remplissent les
formulaires d'immigration et cachent leurs médicaments dans leurs
bagages.
Elle est dangereuse car elle conduit les populations à ne pas se faire
dépister, puisque dans l'ignorance de son statut sérologique, un irresponsable
jouit de plus de libertés qu'un responsable qui assume sa séropositivité, se
soigne, se protège et protège ses partenaires.
Monsieur George W. BUSH
Président des Etats-Unis d'Amérique
Aux bons soins de
Monsieur
Craig Roberts STAPLETON
Ambassadeur des Etats-Unis à Paris
2, avenue Gabriel
75382
Paris cedex 08
-2-
Monsieur le Président, alors que nous allons célébrer, comme chaque
1er décembre, la journée mondiale de lutte contre le sida, alors que
le 1er janvier 2007 le nouveau secrétaire général des Nations-Unies,
M. Ban Ki-moon doit prendre possession de son administration dont le siège est à
New-York et donc inaccessible aux fonctionnaires internationaux séropositifs, je
vous demande de bien vouloir lever toutes les restrictions de circulation qui
frappent injustement les personnes séropositives et traitent les malades comme
des délinquants.
Monsieur le Président, ne faites pas regretter à la France d'avoir offert
à votre pays La liberté éclairant le monde. Luttez contre la maladie et non
contre les malades.
Je vous prie d'agréer, monsieur le Président, l'expression de mes
sentiments les plus respectueux.
Jean-Luc Romero
Conseiller régional d'Île-de-France
Membre
du Conseil national du sida
Chevalier
de la Légion d'Honneur
