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Banana - Anthologie sur l'homosexualité


Russell T. Davies revient sur le thème de l'homosexualité au travers d'une anthologie Banana, qui tente d'établir un état des lieux de l'homosexualité aujourd'hui.



Il y a une quinzaine d'années, le scénariste et producteur britannique Russell T. Davies lançait une mini-série qui est restée largement inconnue en France malgré une adaptation américaine au début des années 2000. Queer As Folk relatait l'histoire de trois jeunes homosexuels de Manchester, Stuart (Aidan Gillen), Vince et Nathan. Ces trois protagonistes fonctionnaient plus comme des stéréotypes que comme des personnages réalistes, soutenant un propos politique et la revendication d'une "contre-culture" gay.

Russell T. Davies, après avoir entre temps relancé Doctor Who en 2005, revient sur ce thème de l'homosexualité au travers d'une série, Cucumber, et d'une anthologie, Banana, qui tentent d'établir un état des lieux de l'homosexualité aujourd'hui. Le propos n'a pas la même tonalité revendicatrice qu'à la fin des années 90 mais l'affirmation de soi et l'expression de la différence demeurent au coeur du propos.


Lors de son apparition en 1999, Queer As Folk véhiculait un message clair: celui de l'affirmation d'une contre-culture gay avec ses codes, ses pratiques, ses lieux de réunion et ses demandes de reconnaissance. Il y avait dans cette série, qui compta en tout dix épisodes, une expression de la différence au travers de personnages dessinés jusqu'à la caricature ou au stéréotype.

Ce procédé permettait de soutenir deux idées simples: la première était d'assumer une image qui est elle-même souvent tronquée et manque de nuances dans l'esprit des hétérosexuels et la deuxième de dire que l'intégration sociale d'une personne ne peut pas se faire par la perte de son identité mais par l'acceptation de sa différence par les autres.

Au cours de ces quinze dernières années, le combat a bien sûr porté sur l'égalité des droits. Le mariage pour tous, adopté en France comme en Grande-Bretagne, a constitué une avancée légale pour les homosexuels. Mais comme le rappelle Russell T. Davies, cette reconnaissance n'est qu'une étape et non un but en soi: l'adoption du Civil Rights Act en 1964 n'a pas mis fin au racisme aux Etats-Unis.

Avec Banana, Davies se montre néanmoins plus optimiste. Il joue cette fois sur la nuance, sur la diversité des situations et sur la progressive acceptation de l'orientation sexuelle. L'homosexualité ne se résume pas à un groupe de garçons dansant torse nu sous les néons d'une boîte de nuit dans un vacarme de techno. Elle concerne un jeune Noir, garçon d'étage, une employée d'un service téléphonique, une vendeuse de chaussures, une mère de famille qui approche la soixantaine, un ado hésitant sur son avenir, etc.

Les "clichés" ont disparu. Davies nous montre dans cette anthologie que les gays sont des gens ordinaires, dont l'orientation sexuelle ne peut pas être établie par l'apparence, et qui n'ont ni à s'affirmer en tant que tels, ni à se cacher. Le véritable progrès est là: le droit de pouvoir être qui on est, différent et en même temps impossible à distinguer. Car les préférences sexuelles ne sont qu'un aspect de personnalités forcément complexes. Cela étant dit, tout n'est pas résolu.

A sa fille qui attend qu'elle lui fasse des excuses pour toutes ses années où elle a été la victime indirecte de son homosexualité, une mère réplique: "if you got bullied at school for having a gay mum, it's not my faul I'm a gay mum. It's theirs for being pricks. The problem isn't I'm gay or that you're gay Shawn, it's you got a massive great big stick up your arse".

Banana est une anthologie importante car elle exprime bien ce reflux de la contre-culture gay (qui a servi pendant des années la cause d'une reconnaissance des droits) et marque la banalisation lente, continue et finalement inévitable de la différence comme on peut le voir dans Looking, série de HBO. L'enjeu n'est pas tant que tous les homos finissent par avoir des vies aussi rangées et "normales" que les hétéros (certains hétéros ont des existences tout à fait débridées sexuellement) mais que la différence ne soit plus un critère de distinction, et moins encore de discrimination.

Source : Blog Serie TV Le Monde


03/03/2015 Themes Culture Cinema-Video JP

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