Les Nations Unies publient aujourd'hui le premier rapport consacré aux droits des personnes LGBT
Le Comité IDAHO salue la publication aujourd'hui par le bureau du Haut Commissaire aux Droits de l'Homme de l'ONU du premier rapport de son histoire consacré aux personnes dont les droits fondamentaux sont bafoués ... (droits, homme, homosexuel, onu)
Communiqué de presse - 15/12/2011
Les Nations Unies publient aujourd'hui le premier rapport
official de leur histoire consacré aux droits des personnes LGBT.
Le Comité IDAHO salue la publication aujourd'hui par le
bureau du Haut Commissaire aux Droits de l'Homme de l'ONU du premier rapport de
son histoire consacré aux personnes dont les droits fondamentaux sont bafoués en
raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre.
Le rapport documente de manière détaillée les violences,
discriminations et stigmatisations systématiques dont sont victimes les
personnes homosexuelles ou transgenre à travers le monde. Il analyse en détail
comment la protection des droits des minorités sexuelles et de genre fait partie
des obligations auxquelles les Etats membres de l'ONU ont souscrit à travers les
différents Pactes, Traités et Conventions.
Le rapport en appelle aux Etats à mettre immédiatement en
oeuvre une série de recommandations, parmi lesquelles figurent la dépénalisation
totale des rapports sexuels entre adultes consentants, le droit d'asile
systématique des personnes persécutées en raison de leur orientation sexuelle
et/ou leur identité de genre, le droit d'expression et d'assemblée et
l'abolition de toute discrimination à l'accès des droits économiques, sociaux et
culturels.
« Bien que ce rapport n'ait pas à ce stade de valeur
contraignante, il constitue une étape historique vers l'adoption dans un futur
que nous espérons proche d'une Résolution des Nations Unies qui aura, elle, un
caractère obligatoire pour les Etats » estime Louis-Georges Tin, président du
Comité IDAHO. « Notre association se bat depuis sa création en 2005 pour cet
objectif, au coté d'une très large alliance internationale à laquelle se
joignent de plus en plus d'associations et mouvements de défense des Droits de
l'Homme. Cette initiative de l'ONU est une résultante directe de cette
mobilisation mondiale que nous avons vu grossir ces dernières années de manière
exponentielle. Nous exhortons la France à poursuivre ses efforts aux cotés des
autres pays impliqués pour que cette résolution puisse voir le jour le plus tot
possible.»
Selon Joel Bedos, qui anime au niveau international la
Journée Internationale contre l'Homophobie et la Transphobie que le Comité IDAHO
a créé en 2005 et qui est célébrée aujourd'hui dans 90 pays sur tous les
continents, ce rapport marque une étape primordiale. «C'est la première fois
dans l'Histoire que l'ONU consacre un rapport officiel à cette question. Pour
l'instant, il y avait eu des mentions dans divers rapports de Procédures
Spéciales et des déclarations éparses de diverses hautes personnalités, y
compris par le Secrétaire Général Ban Ki Moon, dont nous saluons l'engagement
affirmé à nos cotés. Mais ce rapport, qui s'inscrit dans une Résolution portée
en juin dernier par l'Afrique du Sud au Conseil des Droits de l'Homme, a une
valeur tout à fait différente : il oblige les Etats de l'ONU à considérer que la
question des violations des droits des personnes en raison de leur orientation
sexuelle et/ou identité de genre constitue une question politique légitime, et
non une question d'ordre 'privé', limitée aux 'particularités culturelles' dont
chaque pays peut se prévaloir ».
Dans un récent discours auprès du Conseil des Droits de
l'Homme, la Secrétaire d'Etat Hillary Clinton avait d'ailleurs rappelé que
l'argument de la souveraineté 'culturelle' ne pouvait en aucun cas justifier des
abus des droits de personnes, quand bien même elles feraient parties de
minorités réprouvées par la « morale publique ».
« A ce titre, ce rapport inscrit pour la première fois, et
de manière définitive, les droits des minorités sexuelles et de genre dans la
politique internationale. Ses recommandations seront discutées officiellement en
mars prochain lors d'un panel spécial du Conseil des Droits de l'Homme et ces
discussions feront sans doute bouger les législations dans un certain nombre de
pays qui réfléchissent à l'évolution de leurs législations homophobes. Ces
législations sont souvent un héritage de lois coloniales, notamment du temps de
l'empire britannique, et elles rappellent que c'est l'homophobie, et non
l'homosexualité, qui est 'importée de l'occident' », rappelle Joel Bedos
Le rapport est disponible à http://www2.ohchr.org/english/bodies/hrcouncil/docs/19session/A.HRC.19.41_English.pdf






