Conseil constitutionnel et mariage pour les personnes de même sexe
Nécessité d'une Constitution basée sur le principe de non discrimination et cap sur 2012... (Gay, MAriage, Egalité, Justice)
Communique de la Fédération
LGBT
Angers, le vendredi 28 janvier
2011
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Conseil
constitutionnel et mariage pour les personnes de même sexe
Nécessité d'une
Constitution basée sur le principe de non discrimination et cap sur
2012
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Le
Conseil constitutionnel a rendu ce vendredi 28 janvier sa décision sur la
question prioritaire de constitutionnalité (QPC) concernant les articles 75 et
1445 du code civil définissant le mariage civil.
Sans surprise les Sages
ont confirmé que ces articles étaient conformes à la Constitution, en réponse à
la saisine de la Cour de cassation suite à la procédure entamée à Reims par un
couple de femmes qui souhaitait pouvoir, sur la base du droit de contracter, se
marier pour offrir un cadre familial sécurisé aux quatre enfants qu'elles ont eu
et qu'elles élèvent ensemble.
Cette décision du Conseil constitutionnel
est intéressante à plus d'un titre par ce qu'elle révèle ; à savoir que notre
droit constitutionnel n'est pas basé sur un principe de non discrimination.
C'est pourquoi la FÉDÉRATION LGBT demande l'introduction en l'article premier de
notre Constitution de ce principe de non discrimination qui aurait pour
conséquence la mise en conformité de tout notre droit et tendrait ainsi vers une
réelle égalité de droit pour les personnes de même sexe.
Cette décision
via une QPC est la seconde du genre. Déjà en octobre 2010, les Sages, exactement
comme aujourd'hui, avaient renvoyé la question de l'adoption simple par des
couples de même sexe à la responsabilité du législateur. Il est désormais clair
que la nouvelle procédure de QPC n'est pas un outil pour l'égalité des droits
des personnes lesbiennes, gays, bi et trans.
Pas de mariage
gay
Cette situation n'était qu'une étape de plus vers le long processus
pour l'obtention de l'égalité des droits, dont le mariage et la filiation qui en
découle directement.
La FÉDÉRATION LGBT s'oppose à la proposition de 2007 de
Nicolas Sarkozy d'union civil communautariste, exclusivement réservés aux LGBT
sans filiation possible.
La FÉDÉRATION LGBT ne revendique pas le mariage
gay ou homosexuel, mais bien l'ouverture du mariage civil et républicain aux
couples de même sexe, avec les mêmes droits et mêmes devoirs que les couples de
sexe différent, sans aucune interférence religieuse. Mariage civil et mariage
religieux ne répondent pas aux mêmes lois.
Les personnes lesbiennes, gays, bi
et trans revendiquent aussi le droit d'avoir la possibilité de faire le choix de
ne pas se marier, ce qui leur est légalement interdit aujourd'hui.
Cap
sur 2012
La situation de blocage sur cette question vient principalement
du fait du refus de la reconnaissance de l'homoparentalité et de la
transparentalité qui découleront naturellement de cette
ouverture.
Pourtant les Français évoluent plus rapidement que leurs élus
et le gouvernement. Selon un sondage TNS Sofrès du 26 janvier pour Canal +,
publié ce matin, 58 % des Français se prononcent pour l'ouverture du mariage aux
couples de même sexe et 49 % enfaveur de la reconnaissance de
l'homoparentalité.
La majorité présidentielle, hostile à toute évolution,
est à l'aune de Nicolas Sarkozy qui n'a pas tenu ses promesses de 2007 pour plus
de droits pour les couples de même sexe.
Gageons que les échéances
électorales à venir seront le théâtre d'un véritable clivage droite gauche sur
ces questions.
L'histoire retiendra que l'égalité des droits n'est ni de
gauche, ni de droite, mais qu'elle appartient aux femmes et aux hommes engagés
qui ont la ferme conviction de la rendre possible au profit des minorités, dont
les personnes LGBT.
La FÉDÉRATION LGBT qui tient son Assemblée générale à
Orléans ce week-end prépare une plate-forme de revendications pour les élections
de 2012, désormais le seul cap à tenir pour l'obtention d'une égalité réelle des
droits notamment pour les personnes LGBT.
La FÉDÉRATION LGBT fera en sorte,
avec ses partenaires et membres, que ces questions de société soient au cour des
débats lors de ces échéances électorales.
Les personnes LGBT sont depuis
longtemps des familles et elles entendent bien ne plus être des sous-citoyens.
Situation d'infériorité sociale qui renforce la lesbophobie, l'homophobie et la
transphobie, et plus généralement toutes les discriminations qu'elles peuvent
subir au quotidien.
Stéphane Corbin,
porte-parole de la Fédération LGBT
www.federation-lgbt.org






