CP Inter-LGBT - Réponse du Conseil Constitutionnel - QPC Mariage couples de même sexe
L'interdiction du mariage entre personnes de même sexe reste, quoi qu'en disent les Sages, contraire au principe d'égalité entre les couples et revient à inférioser, de fait, les personnes homosexuel-le-s... (Gay, Mariage, Egalité, Inter-LGBT)
Paris, le 28 janvier 2011
Communiqué de presse
Décision du Conseil
constitutionnel sur le mariage pour les couples de même
sexe :
l'Inter-LGBT la regrette fortement
et demande au gouvernement de légiférer en faveur de
l'égalité
Un couple
de femmes, désireux de faire reconnaître son union par la célébration d'un
mariage, a soulevé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) le 11
mai 2010 sur le non-accès des couples de même sexe à ce type d'union. La Cour de
cassation, par un arrêt en date du 16 novembre 2010, a transmis la question au
Palais Royal.
Aujourd'hui, 18 janvier 2011, le Conseil constitutionnel rend
sa décision : les articles 75 et 144 du Code civil, qui interdisent le mariage
entre personnes de même sexe sont conformes à la
Constitution.
L'inter-LGBT
ne peut que regretter cette décision. L'interdiction du mariage entre personnes
de même sexe reste, quoi qu'en disent les Sages, contraire au principe d'égalité
entre les couples et revient à inférioser, de fait, les personnes
homosexuel-le-s. Ainsi, le Conseil constitutionnel se contente de rappeler que
le législateur peut déroger au principe d'égalité entre les citoyens pour des
motifs d'intérêt général. La définition du droit à « mener une vie familiale
normale » ne serait-elle pas la même entre un couple hétérosexuel et un couple
de même sexe ?
La
société est prête, la balle est dans le camp du législateur : mais que fait la
majorité politique actuelle ?
Le sondage
TNS-Sofres pour Canal+ rendu public ce matin réaffirme encore une fois que les
français sont majoritairement favorables (à 58%) à l'ouverture du mariage aux
couples de même sexe. Si la décision des Sages n'a rien de surprenante, eu égard
aux déclarations de Jean-Louis Debré la semaine dernière sur le fait que « ce
n'est pas au Conseil constitutionnel, au juge de se substituer au législateur »
sur « des choix de société » de cette nature, le fait même que cette question
soit portée devant les Sages prouve une fois de plus l'inadéquation de notre
législation vis-à-vis du quotidien des français et l'incapacité de la majorité
politique actuelle à répondre aux attentes des personnes LGBT en
France.
La France,
bien qu'en avance sur le terrain de la reconnaissance des droits des personnes
LGBT en 1999 avec l'instauration du Pacs, accuse aujourd'hui un retard
regrettable sur ses voisins européens qui sont de plus en plus nombreux à
remédier à une inégalité de droits inacceptable dans une République telle que la
nôtre qui n'admet ni le mariage entre personnes de même sexe en France ni la
reconnaissance de tels mariages conclus entre deux français-e-s à l'étranger, ne
serait-ce que comme un Pacs. L'Inter-LGBT ne manquera pas de continuer à lutter
quotidiennement pour l'égalité de tous les couples et entend que le législateur
prenne dès à présent ses responsabilités en la matière.






