Le mariage pour les gays et lesbiennes est inéluctable
La réponse du Conseil constitutionnel à la question du mariage pour les couples de même sexe ne rend que plus urgente la nécessité d'un débat au sein des instances qui gouvernent la France... (Gay, Mariage, Egalité, SOS Homophobie)
|
|
Communiqué
de presse |
Le
mariage pour les gays et lesbiennes est
inéluctable
Le
Conseil constitutionnel a été saisi d'une question prioritaire de
constitutionnalité (QPC) le 16 novembre 2010 par un couple de femmes souhaitant
se marier en France. Soutenue par les associations SOS homophobie et
l'Association des Parents et futurs parents Gays et Lesbiens (APGL), cette QPC
vient d'essuyer une fin de non-recevoir par les Sages, comme à une autre
question qui leur avait été posée concernant l'adoption pour les couples de même
sexe. Le 6 octobre 2010, le conseil avait ainsi estimé "qu'il ne lui appartient
pas de substituer son appréciation à celle du législateur sur une telle
question." (voir communiqué de presse : http://www.sos-homophobie.org/article/adoption-pour-les-couples-non-maries-le-conseil-constitutionnel-en-dehors-de-la-realite).
Ce 28 janvier 2010, le conseil a formulé une réponse quasi-identique, repoussant
d'encore plusieurs mois l'ouverture du mariage pour les couples de même sexe et
marquant ainsi une nette différence entre les couples hétérosexuels et les
couples homosexuels.
L'ironie du calendrier fait que cette réponse est
rendue publique le jour même où le procès des quatre agresseurs de Bruno Wiel,
qui comparaissent devant la cour d'Assises du Val-de-Marne depuis dix jours,
touche à sa fin. La situation de cet homme tabassé, torturé, victime d'actes de
barbarie et violé parce qu'il est homosexuel n'est, malgré les apparences, non
sans lien avec la QPC sur le mariage. Ces deux affaires sont inextricablement
liées l'une à l'autre. Il est nécessaire que la classe politique et la société
française l'entendent : l'inégalité des droits est la première marque
d'homophobie. Elle autorise et favorise la non-reconnaissance des personnes
homosexuelles. Et donc les discriminations, insultes, injures, harcèlements,
coups, dont sont victimes chaque année plusieurs milliers de gays et lesbiennes.
Car dans une société qui ne reconnaît pas le droit aux personnes homosexuelles
de vivre leurs désirs et leurs sentiments avec la même liberté que les
hétérosexuels, comment peut-on prétendre lutter contre les discriminations dont
ils et elles sont victimes quand l'une des valeurs fondamentales de la
république, l'Egalité, est bafouée ?
Dans ses arguments le conseil
constitutionnel indique entre autre :
"...que le droit de mener une vie
familiale normale n'implique pas le droit de se marier pour les couples de même
sexe, que, par suite, les dispositions critiquées ne portent pas atteinte au
droit de mener une vie familiale normale"
"...le mariage est l'union d'un
homme et d'une femme, le législateur a, dans l'exercice de la compétence que lui
attribue l'article 34 de la Constitution, estimé que la différence de situation
entre les couples de même sexe et les couples composés d'un homme et d'une femme
peut justifier une différence de traitement quant aux règles du droit de la
famille..."
et termine
"...il n'appartient pas au Conseil
constitutionnel de substituer son appréciation à celle du législateur sur la
prise en compte, en cette matière, de cette différence de situation"
En
conclusion, le débat est renvoyé au législateur, donc à la prochaine campagne
présidentielle.
SOS homophobie fera donc entendre sa position lors des débats
de société qui alimenteront la campagne de 2012.
La réponse du Conseil
constitutionnel à la question du mariage pour les couples de même sexe ne rend
que plus urgente la nécessité d'un débat au sein des instances qui gouvernent la
France. Elle constituait un nouveau levier possible pour accéder à une société
plus égalitaire, plus soucieuse du bien-être de tou-te-s ses citoyen-ne-s ; les
Sages n'ont pas souhaité s'en saisir, renvoyant la balle aux législateurs. SOS
homophobie ne perd pas espoir, car la question du mariage pour les gays et
lesbiennes reste, encore et toujours, posée. Et il ne saurait y avoir d'autre
réponse que celle qui adviendra, dans quelques mois ou dans quelques années,
quand des hommes et des femmes politiques qui sauront faire preuve de
responsabilité y répondront par l'affirmative. SOS homophobie sait que le
mariage sera ouvert aux gays et lesbiennes en France, tôt ou tard, comme il l'a
été dans de nombreux pays européens au cours des dernières années. Ce mouvement
global vers l'égalité des droits est mondial et inéluctable. Il ne peut en être
autrement. Mais plus on attend, plus on laisse l'homophobie gangréner la société
française. Et l'on continue de considérer les gays et les lesbiennes comme des
citoyen-ne-s de seconde zone.
Association de lutte contre la lesbophobie, la gayphobie,
la biphobie et la transphobie
Association loi 1901 créée le 11 avril
1994
c/o Centre LGBT Paris IDF - 63 rue Beaubourg - 75003 PARIS
Ligne
d'écoute : 0 810 108 135 - Web : http://www.sos-homophobie.org






