La question de la prise en charge des personnes transsexuelles détenues
Aucune information précise relative aux modalités de prise en charge médicale n'était délivrée aux personnes transsexuelles incarcérées... ()
Paris, le 29 juillet 2010
Transidentié:
La
question de la prise en charge des personnes transsexuelles détenues.
Le Contrôleur général des lieux de privation
de liberté a mené une enquête prolongée et minutieuse à l'issue de laquelle il
est apparu qu'aucune information précise relative aux modalités de prise en
charge médicale n'était délivrée aux personnes transsexuelles incarcérées.
De
plus, il s'avère qu'elles n'ont nullement accès à l'offre de soins existant et
que la situation de détention de ces personnes est hétérogène, d'un
établissement à un autre, en l'absence de principes
directeurs.
La loi pénitentiaire du 24 novembre 2009,
dans son article 46, dispose que « la qualité et la continuité des soins sont
garanties aux personnes détenues dans des conditions équivalentes à celles dont
bénéficie l'ensemble de la population.
Il était nécessaire de revoir l'ensemble de
la prise en charge des personnes transsexuelles incarcérées dans le prolongement
de la création d'équipes de référence multidisciplinaires chargées de
l'évaluation et de la prise en charge de la personne transidentitaire. L'avis
rendu le 30 JUIN 2010 recommande plusieurs mesures concrètes de nature à
améliorer la prise en charge dans le cadre d'une
incarcération:
-Une structuration des soins accompagnée
d'une action de sensibilisation et d'information des personnels
soignants.
-Les personnes transsexuelles devront être
accompagnées dans leurs démarches et orientées vers les services médicaux de
l'établissement pénitentiaire.
-Elles bénéficieront d'une information
claire et précise ainsi que d'un accompagnement psychologique si elles le
désirent.
-L'administration pénitentiaire devra
garantir la continuité des soins et veiller à ce que l'intégrité physique de la
personne soit protégée, sans que cela conduise nécessairement à son placement à
l'isolement, et que celle-ci ne subisse de pressions ou de brimades d'aucune
sorte.
-Les détenu(e)s devront être en mesure de cantiner les biens et
produits nécessaires.
-Les fouilles devront se dérouler dans des conditions
de particulière retenue permettant de respecter la dignité de la personne
détenue.
-L'affectation dans un établissement ou un
quartier correspondant à la nouvelle identité sexuelle de la personne concernée
doit intervenir au plus tôt, une fois l'irréversibilité du processus de
conversion sexuelle établie.
-La priorité doit être donnée dans le
processus judiciaire de modification de l'état civil aux personnes détenues
compte tenu des implications de cette modification dans les conditions de
détention.
Gaylib est heureux de constater que dans ce
dossier ouvert par Roselyne Bachelot, Ministre de la santé et des sports avec la
dépsychiatrisation de la transsexualité en 2009 et la création prochaine d'un
centre de référence, Michèle Alliot-Marie, Garde des Sceaux a pris la mesure des
implications nécessaires et poursuit le travail commencé avec la circulaire
relative au changement d'identité de Mai
2010.
Ces nouvelles mesures postent une fois de
plus la France à la pointe en la matière.
Gaylib émet le vou qu'il en soit de même
pour l'ensemble des sujets LGBT comme le mariage et l'adoption, qui accusent un
retard certain par rapport à ses voisins
européens.
Emmanuel
Blanc
Président
de GayLib






