Les réponses de Valérie PECRESSE à un questionnaire qui lui a été adressé par l'Inter-Lgbt
L'essentiel des propositions régionales de Valérie PECRESSE au sujet des thématiques LGBT en Ile-de-France ()
Bonjour,
Je
vous prie de bien vouloir trouver, en pièce jointe, les réponses de Valérie
PECRESSE -Candidate à la
présidence du Conseil Régional d'Ile-de-France et ministre de l'Enseignement
supérieur et de la Recherche- à un questionnaire qui lui a été
adressé par l'Inter-Lgbt.
Ce
document comporte l'essentiel des propositions régionales de Valérie PECRESSE au
sujet des thématiques LGBT en Ile-de-France. Je tenais à le porter à votre
connaissance.
Bien
cordialement
Stéphane
Dassé
Candidat
aux élections régionales sur la liste de Valérie Pécresse
Ancien
Président de GayLib
A l'attention de Monsieur
Philippe CASTEL
Porte-parole de
l'Inter-Lgbt
Cher
Monsieur,
Je vous prie de bien vouloir
trouver, ci-dessous, mes réponses et mes propositions pour faire suite au
questionnaire que vous m'avez adressé.
Comme vous le savez, j'ai
toujours condamné l'homophobie et la transphobie. L'un comme l'autre sont
l'expression de préjugés, qui pèsent sur notre capacité à vivre ensemble et que
je veux combattre.
J'ai commencé à le faire, en
tant que Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche en lançant,
l'an dernier en partenariat avec plusieurs associations LGBT, la première
campagne nationale contre l'homophobie dans l'enseignement
supérieur.
Une fois élue à la Présidence
du Conseil Régional d'Ile-de-France, je serai déterminée à poursuivre mon
engagement contre toutes les formes de discrimination, notamment homophobes et
transphobes.
1 - Le Conseil régional en tant
qu'employeur.
Il
est évident que les agents employés par le Conseil Régional bénéficieront des
mêmes avantages sociaux qu'ils soient mariés ou pacsés.
Des
modules de sensibilisation et de formation pour faire face à toutes les
discriminations seront organisés notamment en direction des agents chargés
d'accueillir du public ou en contact avec le public. Les discriminations
homophobes et transphobes seront explicitement dans le périmètre couvert par ces
modules.
Enfin,
je souhaite qu'un partenariat puisse être engagé avec les autres collectivités
territoriales franciliennes afin que leurs agents puissent bénéficier de ces
formations.
2 - Le Conseil régional et la politique
éducative.
Dans
la même démarche que celle que j'ai initiée avec les associations Lgbt pour
l'enseignement supérieur, il m'apparaît essentiel d'agir contre l'homophobie et
la transphobie dans les lycées et les Centres de Formation d'Apprentis
(CFA).
La Région incitera les
proviseurs et les directeurs de CFA à faire intervenir, dans leurs
établissements, le Centre Régional d'Information et de Prévention du Sida
(CRIPS) ainsi que des organisations LGBT (ou autres) dont l'action de prévention
contre les discriminations notamment homophobes est reconnue. Des modules sur
les différences pourraient être conçus et proposés aux lycées et aux
CFA.
Par ailleurs, la Région ne
favorisera, dans les lycées et CFA, que l'usage de manuels scolaires faisant
apparaître l'ensemble des diversités de notre société, sans représentation
dévalorisante, y compris celles liées à l'orientation sexuelle ou à l'identité
de genre.
3 - Le Conseil régional et la politique
économique et sociale.
Je
souhaite que la
Région puisse concevoir pour les DRH, les responsables des CCI et des Chambres
des Métiers et de l'Artisanat ainsi que pour les organisations patronales une
formation sur les diversités et quelques aspects de leurs conséquences
pratiques. Certaines associations organisent déjà des formations en ce sens,
mais il est important que cette action puisse être généralisée. L'homophobie est
encore une lourde réalité dans les relations professionnelles, les promotions
etc.
Je veux également que le tissu
économique de notre région puisse être exemplaire en termes de lutte contre les
discriminations notamment homophobes et transphobes. Parce qu'il n'est pas
acceptable que des lesbiennes, des gays, des trans ou encore des couples de même
sexe puissent se voir refuser un logement, l'accès à un hôtel, ou un prêt en
raison de leur homosexualité ou de leur identité de genre, je proposerai une
Charte régionale afin de faire en sorte que l'accès aux biens et aux services
soit garanti à tous.
Enfin, et ce sera l'une de mes
premières priorités, je soutiendrai la création d'un centre d'hébergement
d'urgence pour les jeunes LGBT rejetés par leur famille. Il s'agira là
d'apporter un soutien psychologique, social ainsi qu'un logement temporaire à
des jeunes coupés, souvent brutalement, de tout appui et de toute
ressource.
4 - Le Conseil régional et le soutien aux
initiatives des associations lesbiennes, gaies, bi et
trans.
L'ensemble
de mes propositions en direction des LGBT repose sur un large partenariat avec
les associations LGBT, ou autres, dès lors qu'elles sont efficaces et obtiennent
des résultats.
Les
associations qui bénéficieront de subventions du Conseil Régional feront
systématiquement l'objet d'évaluations.
Parce
que je connais, pour dialoguer et travailler avec elles depuis plusieurs années,
l'efficacité de l'essentiel des associations LGBT, je n'imagine pas conduire mon
action sans m'appuyer sur leur expertise mais aussi leur
dévouement.
Je
souhaite que leur action puisse être pleinement reconnue.
5 - Le Conseil régional et la lutte contre le
sida.
La
prévention sur le SIDA est plus que jamais d'actualité. On assiste en effet à un
relâchement ces derniers temps, dont les conséquences risquent d'être
désastreuses. Plus que jamais il faut informer et multiplier les actions de
prévention dans l'ensemble de la société française : la
lutte contre le SIDA est d'abord une affaire de mobilisation
collective.
La communauté gay doit être
associée à cette mobilisation collective, pour relayer le message de prévention.
La dernière étude Prévagay menée en partenariat avec l'INVS, le SNEG et l'agence
nationale de recherche sur le Sida et les hépatites est en effet
particulièrement alarmante.
Plus que jamais, nous devons
informer, et dès le plus jeune âge, non seulement sur le SIDA mais plus
globalement sur tous les comportements à risques. Aucune catégorie sociale n'est
épargnée. Jeunes gays, populations migrantes, femmes de plus de 40 ans en
reconstruction de vie sentimentale sont les populations les plus vulnérables aux
nouvelles infections.
C'est ce que j'ai fait en tant
que ministre de la recherche avec l'opération « 1 préservatif pour 20
centimes d'euros » dans toutes les universités et résidences étudiantes.
J'encourage également la recherche sociale autour de ces questions, en lien avec
toutes les associations. Les moyens de
l'Etat sur la recherche sur le SIDA sont de plus de 100M? par
an.
Ce que j'ai fait comme
ministre, je le poursuivrai comme présidente de région.
Je développerai de manière
systématique dans tous les lycées de l'Ile-de-France des actions de prévention,
en m'appuyant sur la communauté éducative, mais aussi sur l'intervention du
milieu associatif : tous ensemble, nous devons travailler main et
main.
Nous devons aussi banaliser le
dépistage qui reste aujourd'hui une démarche individuelle exceptionnelle. Car un
dépistage précoce permet de protéger les autres et de se protéger soi
même.
Concrètement, la région doit
accompagner toutes les initiatives. Elle pourrait
ainsi :
-
Aider les associations à
construire une offre de dépistage digne de ce nom dans toutes les conditions
éthiques et médicales nécessaires ;
-
Expérimenter l'utilisation
systématique des tests rapides dans les centres de dépistage anonyme et gratuit
(CDAG) d'Ile-de-France
-
Co-financer des campagnes de
prévention pour certains groupes spécifiques à risque : d'ailleurs, nous
avons fait un grand pas dans ce travail de ciblage du message avec les
associations : l'appel à la prévention est d'autant plus facilement entendu
qu'il est personnalisé.
La région subventionnera, sans
tomber dans la politique du saupoudrage, toutes les associations qui ont une
vocation sanitaire et sociale avérée.
6 - Le Conseil régional et les droits des
personnes lesbiennes, gaies, bi et trans dans le
monde.
Je suis très heureuse d'avoir
Rama YADE pour colistière. En effet, il faut rappeler que c'est elle qui, alors
qu'elle était Secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme, a porté à bout de bras, à
la tribune de l'Assemblée Générale de l'ONU en 2008, la première déclaration
pour la dépénalisation de l'homosexualité dans le monde.
C'était une première dans
l'histoire et je suis très fière qu'elle vienne du gouvernement dont je suis
membre. J'espère néanmoins que cette déclaration sera signée par un plus grand
nombre de pays afin qu'elle puisse enfin devenir une réalité pour l'ensemble de
la planète.
Aujourd'hui, plus de 80 pays
pénalisent encore l'homosexualité. Plusieurs d'entre eux appliquent même la
peine de mort. En matière de coopération décentralisée, je serai
particulièrement vigilante à l'égard de ces pays que je n'accepterai d'aider que
dans la mesure où ils s'engageront à faire des Droits de l'Homme une réalité,
notamment s'agissant des droits des LGBT. De plus les pays qui pénalisent
l'homosexualité sont aussi souvent ceux dans lesquels la condition de la femme
est la plus pénible et vous connaissez l'attachement que je porte aussi à ce
sujet.
Mon engagement contre
l'homophobie et la transphobie est ancien : comme députée, comme ministre,
comme conseillère régionale, j'ai toujours eu le souci de porter le débat sur
l'égalité des droits pour les LGBT. J'en connais bien les différents acteurs et
je soutiens leur combat.
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Valérie
PECRESSE Candidate à la Présidence
du Conseil Régional
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