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Communiqué de presse du 15 mars 2003 de l'Académie Gay
& Lesbienne
L'Académie Gay & Lesbienne apporte son
soutien
pour une réunion de mise à plat du projet
du futur CADHP sous l'égide d'une haute autorité de la Mairie de
Paris
L'Académie Gay et Lesbienne a signé les pétitions des collectifs
Archilesb ! et VigiTrans comme de nombreuses associations et personnalités
LGBT (plus de 800 signataires), qui réclament l'intégration des lesbiennes
et des trans dans le projet du futur Centre d'Archives et de Documentation
Homosexuelles de Paris (voir les communiqués des associations et la revue
de presse sur notre site http://www.archiveshomo.info ).
De plus en plus de voix s'élèvent contre la conception
discriminatoire de ce projet qui prétend être "fédérateur de toutes les
composantes de la mouvance homosexuelle" : -
l'historienne Marie-Jo Bonnet, avec le soutien de nombreuses
personnalités : Elisabeth Badinter (philosophe écrivaine), Francine Bavay
(élue du Conseil régional IdF), Geneviève Fraisse (députée européenne),
Henri Maurel (archives du G.P.L. et de la radio Fréquence Gaie), etc.
; - les collectifs : VigiTrans et Archilesb ! avec le soutien de
plus de 800 signataires de leurs pétitions, Lopattaq ; - les
associations : Coordination des Lesbiennes en France (CLF), Collectif
National pour les Droits des Femmes, Les Voies d'Elles, Académie Gay &
Lesbienne, Association du Syndrome de Benjamin (ASB), Centre d'Aide de
Recherche et d'Information sur la Transsexualité et l'Identité de Genre
(CARITIG), Prévention Action Santé Travail pour les Transgenres (PASTT),
etc.
Les dirigeants de la Mairie de Paris viennent
d'accepter le principe d'une réunion de mise à plat sur le projet du futur
CADHP sous l'égide d'une haute autorité de la Mairie Après
que les collectifs Archilesb !, VigiTrans et Lopattaq ont été reçus par M.
Christophe Girard, adjoint au Maire chargé de la culture. Et que
l'historienne Marie-Jo Bonnet a été consultée par Mme Benjelloun,
conseillère au cabinet de Anne Hidalgo, première adjointe au Maire de
Paris.
L'Académie Gay & Lesbienne apporte son soutien pour une réunion
avec toutes les parties concernées, ce qui pourrait permettre de
: - faire la lumière sur la gestion du projet du futur CADHP
par son Association de Préfiguration, - de mettre un terme à la
discrimination des lesbiennes, des trans, et à l'occultation des centres
d'archives LGBT existants, - de faire le point sur les archives des
minorités sexuelles et de genre, - de demander que la Mairie de Paris
aide équitablement les centres d'archives LGBT existants.
Contre un projet tendancieux qui n'est pas
"soutenu par toutes les composantes de la mouvance
homosexuelle"
La mise à l'écart de l'histoire des lesbiennes et des
trans et de leurs représentant(e)s Cette association (créée
par trois hommes) prétend que le projet de son futur centre privé
d'archives homosexuelles tend à être représentatif et fédérateur de toutes
les mouvances gays, bis, lesbiennes et trans alors qu'il y a effectivement
d'importants manquements (voir N° spécial "Paris brûle-t-il ?" du
magazine 360° de mars 2003 http://www.360.ch/presse/presseindex.html ). De
plus, ce projet ambitionne d'être une institution d'envergure nationale,
et même internationale "à l'instar de Berlin, Amsterdam, San
Francisco..."
M. Miles, président de l'AP CADHP "persiste et signe" (Agenda du
magazine Têtu de février 2003, page 6) : - "dans un premier
temps le fonds d'archives concernera majoritairement l'homosexualité
masculine, pour des raisons historiques." (Chapitre a : Un projet pour
toute la communauté gay et lesbienne.) - "Cette politique
d'acquisitions devrait être centrée sur l'histoire du Paris gay [...]"
(Chapitre 1 : Le Centre d'Archives.)
D'autre part M. Le Bitoux a fait sa sélection de lesbiennes dans ses
commissions consultatives pour "travailler" avec : telles
lesbiennes "psychothérapeutes" ou telles lesbiennes
"écrivaines", "qu'il ne confond pas" avec telles
"lesbiennes radicales" (magazine IB News de mars 2003, page
8). Enfin, le projet du futur CADHP organise sa promotion par un budget
annuel de 50 000 francs de publicité dans la presse gay (mais aucun budget
de publicité pour les journaux lesbiens et trans).
Mais les problèmes du projet du futur CADHP ne viennent
pas seulement des révoltes des lesbiennes et des trans contre un groupe de
gays soutenus par la Mairie de Paris (voir le recencement
des nombreux articles parus dans la presse française et étrangère depuis
celui de Libération du 7 décembre 2002 sur notre site http://www.archiveshomo.info ).
L'Association de Préfiguration du CADHP n'est pas une
institution publique L'AP CADHP n'est qu'une association loi
1901 créée le 19 décembre 2001 ayant pour but d'ouvrir un nouveau centre
privé d'archives homosexuelles à Paris (Journal Officiel du 26
janvier 2002). M. Lasnier, du Cabinet du Maire de Paris, a d'ailleurs
répondu que "la vie interne d'une association n'est pas de notre
ressort" aux demandes d'intégration des lesbiennes et des trans au
projet de l'AP CADHP (Agenda du magazine Têtu de février
2003, p. 6).
D'existence récente (à peine plus d'un an), cette
association n'a donné aucune garantie sérieuse pour la pérennité de ses
futures oeuvres. De plus, le manque de transparence sur sa gestion
(combien de salariés ? et à quels titres ?) crée davantage de confusion
que de confiance. Par ailleurs, M. Le Bitoux a fait des interventions à
l'extérieur en qualité de "Directeur du Centre d'Archives et de
Documentation Homosexuelles de Paris" alors que ce (futur)
Centre n'existe qu'à l'état de projet sur le papier de l'Association de
Préfiguration. Et que cette association est elle-même encore
domiciliée dans un appartement privé !
La condescendance envers les autres associations,
notamment régionales Sans aucune légitimité, cette
association se considère comme acquis d'office, d'avoir un droit sur les
fonds de documents LGBT dans toute la France, et notamment sur les
archives d'autres associations antérieures à elle et aussi sur les
collections privées.
"Comme institution d'envergure nationale, il doit aussi s'attacher à
tisser des liens avec les principales associations régionales, pour [...]
[le] dépôt des archives existantes, et pour qu'elles constituent des
relais permettant de faire remonter au centre les fonds d'archives dont
elles découvrent l'existence." (dossier de présentation du Projet
du Centre d'Archives)
Le déni par l'occultation des centres et fonds
d'archives LGBT existants en France "L'Histoire des
archives et bibliothèques gays et lesbiennes" dans le dossier de
présentation du projet CADHP ne cite que des centres d'archives à
l'étranger mais pas les initiatives et ressources françaises LGBT.
Rien sur les archives, ni sur l'histoire et la mémoire de la lutte contre
le sida.
Dans une interview au magazine IB News de mars 2003, "Jean Le
Bitoux n'a pas souhaité... donner son avis sur l'Académie Gay et
Lesbienne". Par contre nous avons mentionné son Projet du futur
CADHP et un lien vers le site de son AP CADHP dans notre Recensement
annuel des centres et fonds d'archives LGBT en France (voir notre
relevé des multiples ressources LGBT sur notre site http://www.archiveshomo.info )
Cette nouvelle association (née neuf mois après
l'élection de M. Delanoë à la Mairie de Paris) obtient 100 000 euros de
subventions Il ne faudrait pas que ces aides, qui doivent
être utiles et profitables à toutes et à tous, instaurent un déséquilibre
à l'avantage de la dernière venue, qui est subventionnée pour son
projet, et les associations plus anciennes, qui n'ont aucune aide pour
leur travail effectif. Les promoteurs du projet de CADHP n'ont pas le
droit de profiter de la puissance des fonds municipaux pour se livrer à
une hégémonie déloyale sur les centres d'archives LGBT existants qui n'ont
pas les moyens de résister.
D'ailleurs, M. Le Bitoux a expliqué ses motivations "de
travailler" sur ce projet d'un futur CADHP (magazine Têtu de
septembre 2002) : - "C'est le projet de la Ville de Paris, soutenu
par Christophe Girard et Bertrand Delanoë. Si M. Tibéri avait conservé
sa place de maire, nous ne serions pas en train de travailler là
dessus. Bertrand Delanoë a bien compris que Paris était une très
grande ville au niveau de l'homosexualité. Nous sommes dans une bonne
conjoncture".
La diversité des ressources et le
pluralisme des centres d'archives existants contribuent à la préservation
des patrimoines culturels LGBT Mais les
promoteurs du projet CADHP ont écarté celles et ceux qui ont consacré avec
passion et sincérité, beaucoup de leur temps, et même de leurs deniers
personnels pour contribuer à la sauvegarde des archives LGBT
! L'Histoire retiendra que cette entreprise arrogante, prétend créer LE
premier centre d'archives homosexuelles pour obtenir des subventions et
pour marginaliser les initiatives citoyennes antérieures.
L'Académie Gay & Lesbienne a été créée avant que le
candidat Bertrand Delanoë à la Mairie de Paris a promis son soutien pour
un centre d'archives homosexuelles. Aujourd'hui, nous avons déjà
archivé environ 20 000 documents GLBT et sida. Et notamment les arts
populaires.
Le déni du travail de notre Conservatoire des archives
et des mémoires homosexuelles, nous rende plus déterminés que jamais
: - à poursuivre notre travail d'enrichissement et de mise
en valeur de notre fonds d'archives, - à protéger celui-ci de toute
tentative d'appropriation ou de récupération, - à défendre notre
association contre l'hégémonie, l'insulte et
l'insinuation. |