Journée du Souvenir de la déportation homosexuelle : l'Inter LGBT interpelle le gouvernement
Le 27 avril, les Préfets accepteront-ils les hommages gays ? ()
On se souvient qu'une circulaire officielle invite les préfets à permettre aux associations homosexuelles de s'associer partout en France aux cérémonies organisées à la mémoire de la déportation nazie.
Dans un communiqué, l'Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans (Inter-LGBT) se joint au Mémorial de la Déportation Homosexuelle pour appeler au dépôt de la gerbe à la mémoire des persécutions des homosexuels par le régime nazi lors de la Journée nationale du Souvenir. Le porte-parole de l'association, Alain Priou, demande au gouvernement d'intervenir auprès des préfectures pour que les associations LGBT qui
le demandent soient réellement intégrées aux cérémonies officielles, et de soutenir les travaux des historiens pour établir le bilan de ces persécutions.
À Paris, une cérémonie aura lieu dimanche 27 avril à 17 heures sur le Pont de
l'Archevêché (angle Quai de la Tournelle, Paris 5e Métro Maubert-Mutualité). Une délégation de l'Inter-LGBT participera à la cérémonie officielle, en mémoire de toutes les victimes du régime nazi.
L'Inter-LGBT rappelle qu' entre 1933 et 1944, les homosexuels d'Europe ont été raflés, torturés, expulsés ou envoyés en camp par les nazis, principalement sur le territoire du IIIe Reich, dont l'Alsace et la Moselle. De 100.000 à 150.000 homosexuels ont été arrêtés par les nazis entre 1933 et 1944, au titre du paragraphe 175 du Code pénal allemand ; 10 000 à 15 000 d'entre eux ont été envoyés en camp de concentration, où ils portaient
un triangle rose, pointe en bas ; les deux-tiers sont morts entre les barbelés avant la victoire des Alliés.
En réponse au questionnaire de l'Inter-LGBT lors de la campagne des élections présidentielles, le candidat Chirac déclarait : "le devoir de mémoire n'ignore pas les souffrances que les homosexuels ont pu endurer."
Propos de candidat ? Sans directives claires cette année du Secrétariat d'État aux Anciens Combattants, des difficultés se font en effet jour avec certaines préfectures, comme celle de Bordeaux, Poitiers ou Reims. L'Inter-LGBT demande que soit confirmée par le gouvernement la participation des associations LGBT aux cérémonies officielles dans toute la France.






